Lombok attire de plus en plus de projecteurs depuis quelques années. Entre paysages sauvages, surf, projets d’infrastructure et croissance du tourisme, on entend souvent : « Lombok sera le prochain Bali ! ». Mais est-ce réaliste ?

Nicolas Subra
26 févr. 2026
Analyse de marché

Chaque année, les mêmes questions reviennent. « Lombok, c’est le futur Bali ? », « Est-ce qu’il vaut mieux investir à Lombok avant que ça explose ? », « Bali n’est-il pas déjà saturé ? »…
La comparaison est tentante. Deux îles voisines. Deux paysages tropicaux. Deux spots de surf réputés. Mais économiquement, culturellement et touristiquement…ce ne sont pas les mêmes équations. Et pour un investisseur immobilier, la nuance change tout.
Bali : une machine touristique mondiale déjà installée
En 2025, Bali a accueilli environ 7 millions de touristes internationaux, confirmant son statut de destination mondiale majeure. En 2026, Bali a été élue Meilleure Destination Touristique au Monde par TripAdvisor.
Ce n’est pas une « destination émergente ». C’est une marque mondiale.
Bali, ce n’est pas seulement : des plages, du surf et des villas Instagram. C’est une économie touristique mature depuis des décennies, une infrastructure développée (aéroport, routes, hôpitaux, écoles internationales), un marché locatif structuré et une demande internationale constante. Quand on investit à Bali, on investit dans un marché qui a déjà fait ses preuves.
Une vibe unique au monde
Mais les chiffres ne racontent qu’une partie de l’histoire. Ce qui rend Bali incomparable, c’est son énergie. Nulle part ailleurs on ne retrouve ce mélange aussi fluide entre : traditions hindoues millénaires, surf de classe mondiale, gastronomie internationale, digital nomads venus du monde entier, villas tropicales design, coworkings, écoles internationales, retraites de yoga, cérémonies quotidiennes visibles dans chaque rue.
À l’aube, les surfeurs partent à Uluwatu. À 9h, les entrepreneurs sont en visioconférence depuis Canggu. À midi, les cafés servent des plats dignes de grandes capitales européennes. Le soir, les temples s’illuminent pour une cérémonie.
Bali n’est pas seulement une destination touristique. C’est un écosystème lifestyle international. C’est précisément cette combinaison qui attire une demande locative constante et diversifiée : voyageurs courts séjours, expatriés, familles, entrepreneurs, investisseurs.
Lombok : nature préservée, mais marché encore jeune
Lombok est magnifique. Collines sauvages. Plages propres. Moins de circulation. Moins de béton. Certaines estimations indiquent environ 1,2 million de visiteurs en 2024 (incluant Sumbawa et zones voisines). On est donc très loin du volume de Bali.
Et c’est là que beaucoup d’investisseurs se trompent : moins de touristes ≠ meilleure opportunité automatique. Un marché plus jeune signifie : moins de volumes locatifs, moins de flux internationaux captifs, moins d’infrastructure stabilisée et plus de dépendance à une croissance future hypothétique.
Lombok est une promesse. Bali est une réalité économique.
Culture et identité : un facteur sous-estimé
On parle souvent des paysages. Des plages. Des collines. Des couchers de soleil. Mais ce qui a fait Bali…ce n’est pas seulement sa nature. C’est son peuple.
Bali possède une culture hindoue profondément ancrée dans le quotidien. Les temples ne sont pas des décors touristiques : ils sont vivants. Les offrandes déposées chaque matin ne sont pas une mise en scène : elles font partie d’un rythme spirituel réel. Les cérémonies colorées, les danses traditionnelles, les processions dans les villages créent une atmosphère permanente. Mais au-delà des temples et des rituels, il y a autre chose.
Les sourires. L’accueil. La douceur des échanges. Cette manière particulière qu’ont les Balinais de faire cohabiter spiritualité, hospitalité et modernité.
Ce mélange a construit l’image mondiale de Bali. Une île qui ne se contente pas d’être belle, mais qui fait ressentir quelque chose. C’est cette énergie humaine qui a transformé Bali en marque internationale.
Lombok, de son côté, possède une identité différente. Majoritairement musulmane, avec une forte culture Sasak, elle offre une richesse culturelle propre, mais plus discrète, moins intégrée dans le storytelling touristique mondial. L’expérience y est plus brute, plus silencieuse, parfois plus réservée.
Bali vend une expérience culturelle vivante, vibrante, presque magnétique. Lombok vend principalement une nature préservée. Et pour un investisseur immobilier, cette différence culturelle influence directement la demande internationale. Parce que ce qui a fait de Bali… Bali, ce n’est pas seulement son paysage. C’est son âme.
Investissement immobilier : deux équations différentes
Bali fonctionne sur un modèle mature : un flux touristique massif, une saison longue, une forte visibilité internationale et une liquidité réelle à la revente. Un écosystème complet de gestionnaires, notaires, constructeurs, architectes, licences.
Lombok fonctionne sur un modèle en construction : moins de concurrence, parfois des prix plus accessibles, un potentiel de croissance. Mais aussi moins de volumes, moins de données historiques, et une dépendance plus forte à une expansion future.
Bali offre une profondeur de marché et une liquidité plus structurées. Lombok offre un horizon plus spéculatif.
Le mythe du « prochain Bali »
Chercher « le prochain Bali » suppose que l’on puisse reproduire une marque mondiale. Mais Bali ne s’est pas imposée en cinq ans. Son identité s’est construite sur plusieurs décennies, à travers une alchimie rare entre culture, ouverture internationale et développement touristique structuré.
Lombok ne deviendra jamais Bali. Ce sont deux trajectoires distinctes.
Conclusion
On n’investit pas seulement dans un paysage. On investit dans un flux, une dynamique, une marque. Aujourd’hui, Bali reste une destination mondiale majeure, portée par des millions de visiteurs internationaux, une reconnaissance globale et une économie touristique mature.
Lombok progresse, attire, séduit par sa nature intacte. Mais elle n’a pas encore atteint l’ampleur ni la profondeur du marché balinais.
Pour un investisseur immobilier, la question n’est pas « quelle île est la plus belle ? ». La question est : « Où la demande internationale est-elle déjà installée, diversifiée et structurellement forte ? ». Et aujourd’hui, la réponse c’est : Bali.
